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RDC : vers une politique nationale d’énergie et de cuisson plus respectueuse des forêts 

Le lancement de la réforme de la politique nationale de l’énergie et la cuisson propre, réforme clef pour le partenariat entre CAFI et la RDC

 

Les habitants de la RDC dépendent énormément du bois-énergie comme énergie de cuisson.

Celle-ci représentait plus de 93% du bilan énergétique du pays en 2015. Par ailleurs, et malgré un potentiel national considérable, le taux d’accès à l’électricité́, de 9% en moyenne en 2011, est l’un de plus faible en Afrique et dans le monde.

Diversifier le pool d’énergies de cuisson est un enjeu auquel peu d’attention a été accordée jusqu’ici.  

La croissance démographique galopante en RDC (3,1 % par an) ces dernières décennies, conjuguée à un mouvement d’urbanisation intense, a fortement augmenté la pression sur la ressource en bois énergie. Dépassant largement les capacités de régénération des forêts en périphérie des grands centres urbains, cette pression contribue aux grandes couronnes de déforestation, elles-mêmes structurées autours des axes de transport. On estime que le bois-énergie devrait ainsi être responsable d’environ 58% de la dégradation des forêts et 19% de la déforestation sur 2010-2030.

Un cadre légal adéquat pour réduire l'utilisation du bois de cuisson

Dès lors, une politique énergétique qui vise à inclure la gestion durable du bois-énergie et le développement d’énergies de substitution est apparu comme un jalon clé dans le cadre de la Lettre d’Intention entre CAFI et la RDC. Ce pour poursuivre un triple objectif : réduire la dégradation des forêts, lutter contre les maladies respiratoires et soulager les budgets des ménages ruraux.

Malgré sa prédominance dans la balance énergétique de la RDC ce sous-secteur « énergie de cuisson » restait jusqu’à aujourd’hui marginalisé et faiblement traité dans les lois et décrets nationaux. Ceci en dépit du fait que la substitution partielle du bois-énergie et le Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL) présentent des potentiels très intéressants pour répondre aux besoins croissants de la population congolaise en énergies et pour réduire la déforestation.

Avec le lancement de la feuille de route à Kinshasa par le Gouvernement de la RDC en juillet dernier, une première étape est franchie : elle permettra d’établir un cadre légal, réglementaire et fiscal adéquat pour réduire la part du bois-énergie dans la balance énergétique nationale et encourager des investissements dans le GPL.

Politiques et actions de terrain : des initiatives complémentaires

Le lancement de cette feuille de route illustre les approches complémentaires du soutien de CAFI au travers du FONAREDD:  d’une part cet appui aux réformes d’envergure à l’échelle nationale, et d’autre part le financement de projets sur le terrain en partenariat tant avec le secteur privé, le secteur du développement et populations congolaises ciblées.

Car parallèlement à cette initiative ouvrant la voie sur le plan politique et législatif, CAFI, finance sur le terrain, des projets de consommation durable et de réduction de la demande en bois-énergie non durable, suivant trois types d’action visant à réduire la pression du bois énergie sur les forêts :

  • Le développement d’énergies de substitution au bois-énergie, en particulier le GPL, afin de réduire la prépondérance de ce dernier dans le mix énergétique national ;
  • La consommation plus efficiente en bois-énergie par la vulgarisation à grande échelle des foyers à plus grande efficacité́ énergétique, également de manière à réduire le volume de bois-énergie nécessaire pour répondre à la demande restante – avec déjà 32,000 foyers améliorés envisagés sur les programmes intégrés sur 4 provinces
  • Le développement de sources de bois énergie durable, avec des programmes intégrés visant actuellement à planter plus de 10,000 hectares de bois énergie auxquels s'ajoutent 82,000 hectares laissées en régénération naturelle

Ces approches sont mises en œuvre dans le cadre des programmes intégrés ainsi que du programme « Consommation durable et substitution partielle au bois énergie », financé par CAFI à travers le FONAREDD et mis en œuvre conjointement par le PNUD et le UNCDF en collaboration avec quatre ministères congolais : Énergie, Finances, Environnement et Hydrocarbures.