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Forêts d'Afrique centrale: 5 points clés à retenir du Sommet Action Climat

Le rôle des forêts d’Afrique centrale dans la lutte contre le changement climatique et la pauvreté est plus clair que jamais. Leur protection est vitale pour les 60 millions de personnes qui en dépendent et pour l'avenir de la planète.

1. Les dirigeants du Gabon, de la RDC et de la République du Congo ont alerté le monde entier

Avant le Sommet, et en réponse à l'appel du Secrétaire général de l'ONU, le Président gabonais Ali Bongo, Président en exercice de la CEEAC, s'est adressé à ses homologues de la région pour une action concertée afin de souligner l'importance des forêts d'Afrique centrale au Sommet.

Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, s'exprimant au nom des dirigeants de la sous-région lors du panel "Libérer le pouvoir de la nature" du 23 septembre, a donné le ton. Il a rappelé les conséquences désastreuses de la perte des forêts en RDC, dans les pays voisins et pour  la planète, dans une région qui compte près de 250 millions d'hectares, mais a aussi porté de l’espoir avec des engagements concrets pour la préservation des forêts & tourbières (son discours complet en français). Lors de l'Assemblée générale des Nations Unies le 26 septembre, il a réitéré son engagement et s'est engagé à augmenter les engagements pris dans le cadre du CND de la RDC, à travailler en étroite collaboration afin que tous les pays d'Afrique centrale parlent d'une seule voix en ce qui concerne les forêts, et à élaborer des plans concrets pour réduire la dépendance vis-à-vis du bois énergie, réguler les activités forestières et promouvoir les activités agroforestières et de savane.

Lors de la dernière session du sommet, le Premier ministre de la République du Congo, Clément Mouamba, a réitéré l'engagement de son pays à maintenir l'un des taux de déforestation les plus bas du monde (0,05%) (discours complet en français).

2. La Chancelière allemande, le Président français et le Secrétaire général de l'ONU ont placé les forêts d'Afrique centrale au centre du débat

Lors d’un petit-déjeuner de haut niveau sur les forêts tropicales, le 23 septembre, la chancelière Angela Merkel a rappelé que " la préservation des forêts tropicales en Afrique est aussi importante que dans la région amazonienne " et a annoncé une contribution de 30 millions d'euros de son pays vers le fonds CAFI.  

Devant l'Assemblée générale, elle a également appelé les "pays à mettre leurs ressources en commun et à agir ensemble", rappelant aux délégués que "la forêt tropicale est cruciale pour la survie de l'humanité" (son discours complet est ici).

Dans son discours à l'Assemblée sur le rôle clé des forêts tropicales, le Président français Emanuel Macron a noté que "la forêt du bassin du Congo est essentielle à l'humanité", reconnaissant le rôle moteur que la Norvège et l'Allemagne ont joué au niveau mondial, ainsi que la contribution française à CAFI ( voir le discours sur le site de la présidence française). "Nous avons vu de nouvelles initiatives pour libérer le pouvoir de la nature, notamment en (....) protégeant la forêt d’Afrique centrale et les 60 millions de personnes qui en dépendent", a  déclaré le Secrétaire général de l'ONU dans son discours de clôture du Sommet pour l'action climatique.

3.  Le Gabon a marqué l'histoire comme le premier pays d'Afrique à recevoir des paiements pour des forêts préservées

L'accord de 150 millions de dollars US annoncé le 22 septembre en marge du Sommet entre le Gabon et la Norvège, via CAFI, est historique à bien des égards.  Pour la première fois, un pays africain sera récompensé dans le cadre d'un accord de 10 ans pour la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation et à la dégradation et pour l'absorption du dioxyde de carbone par les forêts naturelles, faisant du Gabon le premier pays à recevoir de tels paiements.  Le partenariat offre également au Gabon une incitation majeure à la réduction des gaz à effet de serre en fixant un prix plancher du carbone à 10 dollars US la tonne certifiée. En savoir plus.

4. De nouveaux donateurs ont annoncé des contributions (50 millions de dollars) en faveur des forêts d'Afrique centrale

Les donateurs de l'Initiative sur les forêts d'Afrique centrale ont pris des engagements importants pour soutenir des objectifs ambitieux en matière de climat et de forêts dans six pays africains qui abritent la deuxième plus grande forêt pluviale après l'Amazonie et l'un des plus grands bassins versants au monde.

Lors du "Nature for Climate Hub" évènement en marge du sommet du 22 septembre, la République de Corée a annoncé une contribution de 2 millions de dollars, qui s'ajoute aux 33 millions de dollars promis par l'Allemagne (voir ci-dessus), tandis que la Commission européenne avait annoncé plus tôt cette année une contribution de 17 millions de dollars. En savoir plus.

Ces bailleurs cherchent à améliorer la préservation actuelle des forêts pluviales dans les six pays partenaires du CAFI à travers une approche holistique qui qui porte sur tous les secteurs affectant les forêts.

Ces contributions portent à cinq le nombre de contributeurs au Fonds CAFI. Les agences de coopération bilatérale se sont également avancées dans des accords spécifiques, tels que le ministère allemand de l'Environnement (BMZ), l'Agence française de développement (AFD) et le Département for International Development (DFID) du Royaume-Uni dans l'accord récemment signé à Paris avec la République du Congo.

 5. et ont appelé à une action à plus grande échelle pour prévenir leur perte drastique

Alors que les pays d'Afrique centrale se sont engagés à atteindre des objectifs ambitieux en matière de climat et de forêts et les financements augmentent dans le cadre de CAFI, il faut beaucoup plus, ont mis en garde les donateurs.

Les signaux d'alerte, tels que le niveau et le rythme sans précédent de la perte de forêts observés au cours des trois dernières années dans certaines parties de la région, sont au plus haut. La deuxième plus grande forêt tropicale du monde pourrait subir des changements radicaux. Une action urgente et à plus grande échelle - de la part des gouvernements, des institutions de financement du développement, des investisseurs et des entreprises - est nécessaire pour faire face aux multiples menaces qui pèsent sur les forêts, ont déclaré les pays qui soutiennent CAFI dans un appel à l'action. En savoir plus.

 Les forêts d'Afrique centrale ont été couvertes par les principaux médias internationaux - voir ici.